Si vous voyagez ou si vous gérez des parcs de fontaines à eau à l’échelle nationale, vous l’avez forcément remarqué : l’eau du robinet change de saveur d’une ville à l’autre.
Parfois neutre, parfois calcaire, elle peut aussi présenter un arrière-goût de chlore ou une note plus terreuse.
Contrairement aux idées reçues, une eau qui a du goût n’est pas une eau de mauvaise qualité. Ce goût est simplement la signature de son parcours naturel et de sa distribution.
Décryptage des facteurs clés à l’origine de ces différences de goût.
1. La nature du sol : le premier filtre naturel de l’eau
Avant d’arriver au robinet, l’eau traverse différents types de sols et de roches selon les régions. Elle y puise des minéraux qui vont directement influencer sa texture et sa saveur.
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Le calcaire et le magnésium (la dureté) : Dans les régions aux sols crayeux ou calcaires (comme le Bassin parisien ou le Nord), l’eau est dite « dure » et a souvent un goût plus lourd. À l’inverse, dans les régions de roches anciennes comme la Bretagne ou le Massif central, l’eau est « douce », très peu minéralisée, ce qui lui donne un goût beaucoup plus léger, voire plat.
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Les sels minéraux spécifiques : Le passage à travers certaines roches peut enrichir l’eau en sodium (goût légèrement saumâtre), en sulfates (note un peu amère) ou en fer (goût métallique).
2. L’origine de l’eau : nappe souterraine ou eau de surface ?
Le goût dépend aussi de l’endroit où l’eau est puisée :
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L’eau des nappes souterraines : Elle s’est infiltrée lentement à travers la roche pendant des années. Elle est souvent très stable en goût et riche en minéraux.
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L’eau des rivières et des lacs (eaux de surface) : Elle est plus sensible aux variations des saisons. En été, le développement naturel de microalgues ou de bactéries (totalement inoffensives après traitement) peut libérer des composés comme la géosmine. C’est elle qui donne parfois à l’eau une odeur ou un goût de terre humide ou de vase, même après sa potabilisation complète en usine.
3. Le chlore : une protection indispensable mais volatile
Le chlore est injecté à la sortie des usines de traitement pour garantir la sécurité sanitaire de l’eau tout au long de son voyage dans les canalisations.
Le goût de chlore (ou de javel) varie selon l’éloignement de votre bâtiment par rapport au point de traitement : plus vous êtes près, plus il peut être perceptible. De plus, les doses peuvent être légèrement augmentées par les services des eaux lors de vagues de chaleur ou d’événements climatiques particuliers pour maintenir une sécurité optimale.
4. Le réseau de canalisations et la stagnation
Le voyage de l’eau à travers le réseau de distribution local, jusqu’aux robinets de votre bâtiment, modifie également sa perception.
Lorsque l’eau stagne trop longtemps dans les canalisations, par exemple durant les week-ends ou la nuit, le chlore s’évapore progressivement. Ce phénomène peut générer une sensation de renfermé.
De plus, l’état et la nature des infrastructures jouent un rôle important : le passage dans des réseaux très anciens ou des tuyauteries en fonte peut parfois libérer des microquantités de composants qui transmettent une légère amertume ou un goût métallique persistant en bouche.
5. La température du robinet
La température est un amplificateur de goût. Une eau tiède (au-dessus de 15°C) libère beaucoup plus facilement les molécules de chlore sous forme de gaz et accentue les saveurs minérales ou de terre.
Une eau fraîche (entre 10°C et 12°C) va au contraire engourdir discrètement les papilles et masquer la majorité de ces goûts parasites.
Ce qu’il faut retenir pour vos fontaines à eau
Toutes ces variations régionales sont purement organoleptiques : l’eau reste parfaitement potable et contrôlée.
Cependant, en milieu professionnel, un goût prononcé peut freiner la consommation des utilisateurs. C’est ici que les systèmes de filtration intégrés aux fontaines à eau (notamment les filtres à charbon actif) trouvent tout leur sens.
Ils permettent d’harmoniser la qualité gustative de l’eau sur tous vos sites en retenant le chlore, les sédiments et les arrière-goûts désagréables, tout en laissant passer les minéraux essentiels.