Consommation, pollution, normes, investissements : les données permettent de comprendre pourquoi l’eau est devenue un enjeu stratégique en France comme ailleurs.
Voici un décryptage pour mieux comprendre l’état du traitement de l’eau aujourd’hui et les évolutions attendues en 2026.
L’eau potable en France : quelques chiffres pour poser le décor
En France, un habitant consomme en moyenne environ 150 litres d’eau potable par jour soit environ 55 m³ par an.
Pourtant, moins de 2 % de cette eau est réellement bue ou utilisée pour cuisiner.
Autrement dit : 98 % de l’eau potable sert à des usages qui ne nécessitent pas une eau de qualité alimentaire, mais l’ensemble du volume doit répondre aux mêmes exigences sanitaires.
Aujourd’hui, la France compte environ 12 000 captages d’eau potable (sources, nappes, forages),
Mais plusieurs centaines d’entre elles ont été fermées ces dernières années, principalement à cause de pollutions diffuses (nitrates, pesticides, polluants industriels).
Ces chiffres expliquent bien pourquoi le traitement de l’eau est un sujet structurel, et non ponctuel.
Marché du traitement de l’eau en 2026 : des investissements massifs
À l’échelle mondiale, le marché du traitement de l’eau devrait atteindre près de 80 milliards de dollars en 2026
En Europe, ce marché est porté par :
- le renouvellement des infrastructures vieillissantes,
- la mise en conformité avec de nouvelles normes,
- la montée en puissance de solutions de traitement complémentaires (filtration, membranes, traitement localisé).
En France, les réseaux d’eau potable affichent un taux moyen de fuite proche de 20 %, ce qui représente près d’1 milliard de m³ d’eau perdus chaque année.
Améliorer le traitement et la gestion de l’eau permet à la fois de sécuriser la qualité et de réduire les pertes, avec un impact environnemental direct.
Qualité de l’eau : pourquoi le sujet est devenu central
Depuis plusieurs mois, la qualité de l’eau fait régulièrement l’actualité, notamment autour des PFAS, aussi appelés polluants éternels, qui ont été détectés dans de nombreux points d’eau potable.
Le TFA (acide trifluoroacétique) notamment, un PFAS très répandu, a été détecté dans plus de la moitié des échantillons d’eau potable analysés.
À l’échelle européenne, ce sont des milliers de sites industriels ou zones urbaines qui sont identifiés comme potentiellement à risque de contamination PFAS.
- 2026 : un tournant réglementaire
À partir de janvier 2026, la réglementation européenne impose :
- la surveillance obligatoire de 20 PFAS dans l’eau potable,
- une valeur limite globale de 0,1 µg/L pour la somme de certains PFAS,
- une obligation renforcée d’information des consommateurs.
Concrètement, cela signifie davantage d’analyses, des investissements supplémentaires dans les unités de traitement et le déploiement de technologies capables de traiter ces polluants à l’échelle locale.
Technologies de traitement de l’eau
Face à ces enjeux, plusieurs technologies gagnent du terrain :
- La filtration par charbon actif, utilisée sur plusieurs milliers de sites en France pour réduire pesticides et composés organiques, elle est aussi très efficace pour réduire les goûts et odeurs, et une partie des PFAS.
- Les membranes (ultrafiltration, osmose inverse) sont capables d’éliminer jusqu’à 90–99 % de certains micropolluants, mais sont plus énergivores. Elles peuvent être utilisées lorsque les exigences sanitaires sont élevées et/ou que l’eau est fortement impactée.
- Les système de traitement décentralisés (fontaines à eau, solutions locales, équipements sur site) sont en forte croissance dans les entreprises et établissements recevant du public.
Dans des bureaux ou des établissements recevant du public, les fontaines à eau filtrée deviennent une réponse à la fois sanitaire, écologique, économique et légale (loi AGEC).
Environnement : le traitement de l’eau comme levier de transition écologique
Le traitement de l’eau ne concerne pas seulement la santé humaine. Il joue un rôle clé dans la protection des milieux naturels, la réduction des rejets polluants et l’adaptation au changement climatique.
À l’échelle européenne, les objectifs environnementaux visent :
- une amélioration mesurable de l’état écologique des masses d’eau,
- une réduction progressive des pollutions persistantes d’ici 2030.
En clair : mieux traiter l’eau aujourd’hui permet d’éviter des coûts environnementaux et sanitaires bien plus élevés demain.
Conclusion
Les chiffres montrent une réalité claire :
- une consommation élevée mais stable,
- des ressources sous pression,
- une pollution mieux mesurée mais plus complexe,
- des investissements indispensables pour garantir une eau de qualité.
Le traitement de l’eau n’est plus un simple enjeu technique : c’est un pilier de la santé publique, de la transition écologique et de la performance des territoires.
Comprendre ces enjeux permet à chacun — citoyens, entreprises, collectivités — de mieux appréhender la valeur de l’eau et l’importance des solutions de traitement adaptées.